EcolePratique des Hautes Etudes
09-02-2010
Sciences religieuses

 

La Section des sciences religieuses

 

Une institution unique dans le paysage universitaire français

Originale par l'objet d'étude qu'elle se donne, seule à couvrir en France, dans le domaine qui lui est propre, un champ à la fois aussi vaste et aussi diversifié, novatrice enfin quant aux méthodes qu'elle met en œuvre, la Section des Sciences religieuses compte actuellement 49 directeurs d'études, 7 maîtres de conférences et accueille chaque année un grand nombre de directeurs d'études étrangers et de chargés de conférences.
Fortement attachée à la tradition philologique, la Section fait aussi naturellement place à des disciplines ou à des ressources aussi diverses et complémentaires que l'histoire, la philosophie, l'anthropologie et la sociologie, sans oublier le cinéma et les nouvelles technologies. Présente sur le terrain des phénomènes religieux modernes et contemporains, la Section offre à son public, grâce à ses antiquisants et à ses médiévistes, les moyens de situer ces phénomènes dans la longue durée. Frayant la voie au comparatisme et à l'inter-disciplinarité, elle dispense des enseignements s'étendant aux aires culturelles et linguistiques les plus variées. En cela, en même temps qu'elle affirme sa modernité, la Section manifeste sa fidélité à son histoire.

Une histoire longue et prestigieuse

Dès sa création, en 1886, la Section des Sciences religieuses s'installe en Sorbonne même et c'est Albert Réville, professeur d'histoire des religions au Collège de France, qui en devient le premier président. Sur les douze enseignements créés, six concernent le christianisme. Très tôt cependant, et de manière toujours plus affirmée au fil des années, ses intérêts se diver-sifient et, aux conférences consacrées aux religions classiques (Grèce et Rome) ou à celles des peuples sémitiques et de l'Égypte, d'autres viennent rapidement s'ajouter.
En 1887, Sylvain Lévi entreprend l'étude des religions de l'Inde. À partir de 1900, Alfred Loisy confronte catholicisme et modernité. Dès 1901, Marcel Mauss, titulaire de la chaire des "Religions des peuples non civilisés", fraie les chemins de l'anthropologie et des sciences sociales. Par la suite, Marcel Granet renouvelle la compréhension du monde chinois et de l'Extrême-Orient (auquel Serge Elisseev ajoutera l'étude du Japon). Étienne Gilson mène l'étude comparée des philosophies et des théologies médiévales, Alexandre Koyré met en rapport les idées religieuses et l'histoire de la pensée scienti-fique et Gabriel Le Bras ouvre la voie à la sociologie religieuse du monde contemporain.
Suivent Louis Massignon qui, en 1933, commence l'inventaire des dimensions spirituelles de l'islam (Henry Corbin y adjoindra ultérieurement l'étude de l'islam iranien), Alexandre Kojève, spécialiste de la philosophie religieuse de Hegel, Georges Dumézil qui décrypte le système de pensée indo-européen, Henri-Charles Puech qui explore le manichéisme, Lucien Febvre et ses travaux sur la Réforme, Claude Lévi-Strauss qui développe une analyse structurale de la mythologie, Georges Vajda qui renouvelle l'étude de la philo-sophie juive et de la Kabbale, Jean Rouch enfin, qui crée un laboratoire audiovisuel.


Une institution en réseau

Au niveau national, la Section des Sciences religieuses entretient naturellement des relations privilégiées avec la Section des Sciences historiques et philologiques de l'EPHE. Elle cultive des liens étroits avec l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), avec l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) ou encore avec le Collège de France. Elle compte une quinzaine de centres de recherche dans leur majorité associés au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) avec lequel les rapports sont particulièrement actifs.

Au niveau international, la Section des Sciences religieuses s'inscrit dans les deux axes internationaux privilégiés de l'EPHE: l'axe Asie-Pacifique et l'axe Pourtour méditerranéen. Elle entretient des coopérations avec des universités ou des institutions étrangères poursuivant des objectifs analogues (Université libre de Bruxelles, Institut d'étude des religions - LISOR de Leyde, Universités de Potsdam, Genève, Lausanne, Turin, Rome, Université hébraïque de Jérusalem, Université de Haïfa, Université Otani de Kyôto, Université de Pékin...). La Section est également en relation avec des organismes de recherche français à l'étranger (École Française de Rome, Institut Français d'Archéologie Orientale au Caire, École Française d'Extrême-Orient - EFEO). Elle développe en outre, depuis quelques années, des collaborations avec des pays dans lesquels la libéralisation politique permet désormais une prise en considération sereine du fait religieux (Russie et Europe de l'Est).

 

Vous pouvez consulter les comptes rendus de conférences des années précédentes dans l'Annuaire en ligne de la Section, sur http://asr.revues.org

 

Dernière mise à jour : ( 28-01-2010 )